Clément Vercelletto


Penduline
L’Engoulevent
Sarah Terral                                              
Kaumwald
Monopoly Of Bells
Le Grand  Couturier
Devenir Imperceptible
Orgue Agnès
Tape Ensemble


Bio
Entretien Revue & Corrigé 
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clemvercelletto@gmail.com





L'Engoulevent est un projet de recherche, d'enregistrement et de concert dédié à l'instrument éponyme réalisé en collaboration avec le luthier Léo Maurel.
L'instrument est tout d'abord conçu comme dispositif sonore pour la pièce Devenir Imperceptible créée en septembre 2021 au TJP dans le cadre du festival MUSICA à Strasbourg.
L'Engoulevent est un instrument à soufflerie basé sur un sommier d'orgue portatif. Il est composé de 24 sorties (deux octaves), chaque sortie est munie d'une électrovanne contrôlée en tension via une interface MIDI. Entre la sculpture et l'instrument de musique autonome, cet objet a un statut bien particulier, mi scénographique mi sonore.

J'ai d'abord imaginé l'instrument autour de l'idée de paysage sonore, un paysage inventé, fantasmé. L'instrument joue la nature et la musique d'un espace-temps fictionnel.
C'est avec cette idée en tête que j'ai composé la musique du spectacle.
J'ai commencé par travailler avec ma collection d'appeaux et des flûtes d'orgue glanées au fur et mesure de la construction, mais l'instrument est par essence modulaire et chaque sortie est une potentielle note (ou groupe de notes) ou un potentiel timbre.
Au fur et à mesure des expérimentations il m'est très vite apparu évident que je ferai un projet dédié à ce cet instrument singulier. 

L'Engoulevent est par essence modulaire et protéiforme. Le projet d'écriture d'une forme concert passe par de l’expérimentation et de l'empirisme. J'ai écris la partition de cette pièce petit à petit et au fur et à mesure des moments de travail. J'ai imaginé une musique relativement horizontale et minimale, répétitive et contrastée prenant racine dans le courant minimaliste américain des années 60 et glissant vers la musique bruitiste.

De par sa nature tentaculaire et polyphonique, l'instrument offre de nombreuses possibilités de déploiement des sources dans le lieu d'enregistrement/concert.
Les flûtes ou appeaux peuvent être déportés du boitier principal via des tuyaux en silicone allant jusqu'à quinze mètres ; ainsi toutes les sources ne sont pas nécessairement situées au même endroit. La répartition des sources dans le lieu d'enregistrement ou de concert, devient un des premiers geste compositionnel. Par exemple certaines flutes pourrait être disposée à proximité du public ou encore en dehors de l'espace scénique.

L’idée d’une musique en forme de field-recording me plait particulièrement, c’est pour cela que je souhaite aussi m'orienter vers des lieux qui ne sont pas nécessairement des salles de concert à proprement parler ; jouer avec l’environnement sonore déjà présent et composer avec des acoustiques particulières est un des enjeux central de cette création. Eglises, hangars, usines, lieu résonnant, extérieur. Je rêve d'un concert en forme de paysage entre la musique pour orgue de Ellen Arkbro et les field-recording de Chris Watson.  

Une version disque est parue sur le label Un Je Ne Sais Quoi en janvier 2025. 


Portrait pleine page signé Olivier Lamm dans le Libération du 22 Mars 2024




Dates :

13/09/2023 Rennes Le Bon Accueil 


16/03/2024 Pantin Sonic Protest 

30/03/2024 Nantes Variations 

17/04/2024 Genève Archipel 

22/05/2024 Marseille Lieu Secret

24/05/2024 Cannes et Clairan Le Silo

07/07/2024 Tour Orion Montreuil 

27/07/2024 Venarey Les Laumes Quincaillerie
18/08/2024 Nexon Le Sirque 

22/08/2024 Mulhouse Météo 

24/08/2024 Le Mans Tériaki 

25/08/2024 Le Mans Tériaki 

04/10/204 Écouflant Le Brame des Serres

10/10/2024 Bergerac Projet Morse

12/10/2024 Albi Festival Riverrun

19/10/2024 Bobigny Le Wonder

26/10/2024 Marseille SOMA
09/03/2025 Paris Lieu Culturel
05/04/2025 Tours Superflux
02/05/2025 Thoré la Rochette Charivari
11/05/2025 Lyon La Trinité
14/05/2025 Bruxelles MoaW Edmond
28/06/2025 Poitiers Bruisme
06/09/2025 La Haye West
20/09/2025 Montreuil Mozinort
25/09/2025 Paris Village Reille
03/10/2025 Le Havre MuMa Pied Nu
08/10/2025 Thionville IUT
09/10/2025 Metz Médiathèque
11/12/2025 Brest Passerelle No Border



Interview et enregistrement par la RTS du concert à La Maison Communale de Genève pour le Festival Archipel 2024 

Léo Maurel +++








Le disque est paru le 10/01/2025 sur le label Un Je Ne Sais Quoi
vous pouvez l'écouter et vous le procurer ICI


Texte de présentation du disque : 

(FR - english below)
D’après Wikipédia « les Caprimugidae, ou Caprimulgidés en français sont une famille d’oiseaux constituée d’environ 95 espèces existantes d’engoulevents ». On fouille un peu et on apprend dans le journal Libération que « le mot caprimulgidé vient du latin caprimulgus, littéralement « suceur de chèvre ». Dans sa fameuse Histoire Naturelle, Buffon nous informe que « jadis les paysans croyaient que l’engoulevent, oiseau du crépuscule, pénétrait dans les étables à la nuit tombée pour sucer le pis des bêtes ».
L’engoulevent, primitivement, est un donc un oiseau, transformé par la croyance populaire en suceur de chèvres.

Clément Vercelletto, c’est dans Kaumwald que nous l’avons découvert, poussant avec Ernest Bergez musique de club, avant-garde et rumeurs folk imaginaires comme autant de grands cerceaux d’enfants gondolés ou bien servant d’accélérateur de particules aux chansons vernaculaires d’Estrémadure collectées par Marion Cousin. Depuis quelque temps on le reconnaît, entre autres, sous le nom de Sarah Terral en prise sauvage avec les synthés modulaires parmi les plus abrasifs, poétiques, lunatiques qu’on ait entendus depuis lurette. Depuis peu, il joue de la cornemuse (il ressemble à quelque chose comme un oiseau ténébreux soufflant dans une chèvre, si ça vous rappelle quelque chose).

L’Engoulevent est le premier disque à paraître sous son nom civil.
Entièrement composé sur un petit orgue électronique à la fois pas mal brut et relativement complexe et dont les tuyaux ont été remplacés par des appeaux contrôlés via une interface MIDI (imaginé par le musicien puis fabriqué, réalisé par le luthier Léo Maurel), il a été enregistré dans trois lieux différents aux acoustiques contraires (d’un studio ultra-mat à « d’anciens silos à vin avec vingt secondes de résonance ».
De tout ce disparate naît pourtant une œuvre parfaitement cohérente, qu’on pourrait dire de musique contemporaine, mais que son auteur, plus géographe qu’historien, appelle « paysagère », serpentant agilement d’une composition à l’autre (six en tout) évoquant tout ensemble techno naine à bas pouls, musique trad des confins écoutée la tête sous l’eau, field-recording d’un territoire pour moitié inventé, théâtre pour l’oreille.
Vercelletto convoque ensemble, par la grâce des titres et des matières, parades animales (cui-cui) et propriétés minérales (La tourmaline), délinquance végétale (Le cœur pourri du taro, La grande berce), criques sableuses, pointes rocheuses et marais modestes (Hoëdic long). Tout en cliquetis, bruits de touches et pépiements de valves, polyrythmies sourdes, soupirs électroniques et haleines fantômes, L’engoulevent donne à entendre la musique forcément inquiète, forcément féérique, de tout un tissu vivant et hypersensible : le nôtre.

Florian Caschera

(EN)
According to Wikipedia “Caprimulgidae are a family of birds consisting of around 95 extant species of nightjars." Digging a little deeper, we learn from Libération that "the word caprimulgidae comes from the Latin caprimulgus, literally meaning 'goat sucker.' In his famous Natural History, Buffon tells us that “peasants used to believe that the nightjar, a bird of twilight, entered barns at nightfall to suckle milk from livestock.”
Originally, the nightjar was simply a bird, later transformed by popular belief into a "goat sucker."


Clément Vercelletto was first encountered in Kaumwald, where he and Ernest Bergez blended club music, avant-garde, and imagined folk rumors like warped children’s hoops— or served as a particle accelerator for vernacular songs from Extremadura collected by Marion Cousin. Recently, he’s been known, among other guises, as Sarah Terral, wrestling wildly with modular synths that rank among the most abrasive, poetic, and mercurial we’ve heard in ages. More recently, he has taken up the bagpipes (he resembles something of a dark bird blowing into a goat, if that rings any bells).


L’Engoulevent is the first record to appear under his real name.
Entirely composed on a small electronic organ— both rudimentary and surprisingly complex— whose pipes have been replaced by bird calls controlled via a MIDI interface (designed by the musician and built by luthier Léo Maurel), the album was recorded in three acoustically contrasting locations : from an ultra-dry studio to "former wine silos with a twenty-second resonance."
Yet from this disparate palette emerges a perfectly coherent work, which might be described as contemporary music. However, its creator, more geographer than historian, calls it "landscape music." It weaves nimbly from one composition to the next (six in total), conjuring visions of low-pulse dwarf techno, submerged folk music from distant lands, field recordings of a half-imaginary territory, theater for the ear.


Vercelletto summons, through the titles and materials, an ensemble of animal displays (cui-cui), mineral properties (Tourmaline), vegetal delinquency (Le cœur pourri du taro, La grande berce), sandy coves, rocky headlands, and humble marshes (Hoëdic Long). Full of clattering, key clicks, valve chirps, muffled polyrhythms, electronic sighs, and ghostly breaths, L’Engoulevent offers a music that is at once anxious and enchanted, capturing the sound of a vibrant, hypersensitive living fabric— our own.

Florian Caschera

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